Ce 17 avril 2016, Mgr Jean-Luc Hudsyn a envoyé l’Unité pastorale de Jauche en mission.

Voici son homélie

Soeurs et frères,
Et si on méditait durant cette semaine cette parole que le Christ vient de nous dire - c’est Lui, le Ressuscité, qui nous parle à travers cette proclamation de l’Evangile. Il nous dit : « Mes brebis, moi je les connais » Et il ajoute : « Je leur donne la vie éternelle ». Pour Saint Jean, « la vie éternelle » cela vise pas uniquement la vie après la mort, une vie sur laquelle la mort n’aura plus de prise ; « la vie éternelle » c’est aussi une intensité de vie, une plénitude de vie que le Christ nous permet de commencer à connaître dès aujourd’hui.
Oui, le Christ nous permet d’entrer dans cette vie plus belle, plus intense parce qu’il nous connaît. Il nous connait, chacun, chacune, mieux que personne ! Il nous connait mieux que nous-mêmes parce que - comme dit aussi S. Jean - « Dieu est tellement plus grand que notre cœur ». Et c’est une chance, une grâce que nous offre cette année de la miséricorde : elle nous invite à nous laisser imprégner par l’immense tendresse et la bonté infinie de ce Dieu que le Christ est venu nous révéler.
Il y a matière à conversion, car ce n’est pas si évident que nous osions croire en ce regard à la fois lucide et bienveillant de Dieu sur nous. Et ce regard à la fois lucide et si bienveillant sur nous vient justement de cela : ses brebis, il les connait.
C’est lui qui nous a faits. Il est donc bien placé pour savoir que nous sommes des êtres en devenir, que nous avançons par étape. Nous ne ‘sommes pas’ des hommes et des femmes, nous le ‘devenons’, progressivement. Nous ne ‘sommes pas’ chrétiens : nous le ‘devenons’, avec des avancées et parfois des reculs, avec des hauts et des bas… Notre créateur est bien placé pour savoir que nous avons besoin de temps, que nous grandissons par étape. C’est pourquoi ce bon berger est à la fois celui qui avance devant nous pour nous guider, parfois pour nous tirer… Il marche aussi derrière nous : pour nous pousser parfois dans le dos, nous soutenir. Mais il est toujours aussi à nos côtés, pour nous encourager, pour nous donner confiance, pour nous assurer de sa présence fidèle, infiniment patiente même quand nous prenons des détours.
Il nous connaît mieux que nous-mêmes. Il sait donc que nous ne faisons pas toujours le bien que nous voudrions faire… Il nous connait. Il sait que nous portons aussi en nous des souffrances, des blessures dont nous n’avons parfois plus conscience mais qui nous rendent agressifs, qui font que nous avons parfois du mal à aimer. Il nous connait dans nos difficultés à nous accepter nous-mêmes, à notre capacité de mésestime de nous-mêmes avec les comportements négatifs que cela nous fait avoir pour les autres et pour nous-mêmes. « Si notre cœur venait à nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît tout » dit encore S. Jean qui a bien compris tout cela.
Mais ce bon pasteur qui nous connait si bien, sait donc aussi tout ce qu’il y a de bon, de vrai, de courageux en nous : il voit mieux que nous-mêmes toute la beauté intérieure qui vit en chacun, parfois de façon cachée ou à l’état de braise. C’est pourquoi il est celui qui fidèlement croit en nous, espère en nous. C’est si beau, c’est si bon de savoir que c’est ainsi que Dieu nous connait : lucidement mais avec bienveillance. Découvrir que nous sommes aimés ainsi, découvrir sa confiance, c’est source de vie, de vie éternelle. C’est cela la belle aventure de la foi dans son mystère et sa richesse les plus profonds.
Et tout le texte que le Pape vient de faire paraître traite bien sûr de la famille. Mais là où il est le plus interpellant c’est quand il demande à l’Eglise toute entière - pas que les pasteurs - de se convertir à cette manière-là de regarder le monde, la société, les autres convictions, les autres confessions, les personnes, et peut-être aussi nous-mêmes : avec ce regard à la fois lucide et bienveillant. Lucide car Dieu a un projet de vie à nous offrir ; il y a donc des réalités et des situations qui ne sont pas porteuses de cette vie, et il faut le voir et y résister. Mais avoir aussi cette bienveillance qui voit ce qu’il y a déjà de bon et de vrai en chacun, qui discerne ce qui peut le faire avancer, en essayant toujours de voir, de reconnaître en quoi Dieu et l’Esprit-Saint travaillent déjà au cœur de l’autre et au cœur des situations que nous rencontrons.
Voilà le trésor dont nous sommes faits les témoins, les envoyés comme Paul, Barnabé, et cette foule immense de témoins dont parlait l’Apocalypse . Et si on fait Unité pastorale c’est pour mieux vivre ce témoignage. C’est pour mieux faire connaître ce Dieu aimant qui nous connait si bien, à travers la catéchèse, avec les jeunes, auprès des malades, les personnes en difficulté, en communiquant mieux. Collaborer entre paroisses pour offrir des activités, des célébrations, des projets de qualité ; en mettant en commun nos charismes pour être davantage à l’image de ce bon pasteur qui nous faits bergers les uns des autres. Pour cela : pour que le plus grand nombre connaisse la bienveillance aimante de ce Dieu qui nous connait et qui nous apporte un surcroît de vie, de vie éternelle » !

+Jean-Luc Hudsyn
17 avril 2016

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