Carmel de Profondval - 04 décembre 2011

2ème dimanche Avent B - Carmel de Profondval – 04 déc 2011
Voici donc qu’en 2èmedimanche de l’Avent apparaît Jean-Baptiste. Il porte l’habit des prophètes, ces chercheurs de Dieu qui vont dans le désert, le lieu biblique par excellence des retrouvailles avec Dieu. Le lieu de la conversion du cœur et du regard. Il s’y passe parfois des choses étranges. Dans la lecture de la Genèse choisie par les Sœurs en cette célébration particulière, Jacob voit en songe une échelle où montent et descendent des anges et il s’écrie :« C’est ici la porte du ciel ». Si le Seigneur doit venir, ce ne peut-être qu’en passante effectivement par la porte du ciel… Où est donc cette porte du ciel par laquelle le Seigneur vient dans nos vies, où nous faut-il nous tenir pour tenir pour attendre ce ciel nouveau et cette nouvelle qu’il vient apporter, comme dit la lettre de Pierre ? Où faut-il se tenir pour qu’il vienne renouveler nos vies. En fait, le Seigneur peut venir de plusieurs côtés, mais la fête de ce jour en ce Carmel nous rappelle qu’un des lieux de la venue du Seigneur pour nous, qu’un des lieux où il peut renouveler nos cœurs, qu’une des portes du ciel pour nous c’est la liturgie et plus particulièrement la célébration de l’eucharistie. Car dans la liturgie de l’Eglise, Dieu n’arrête pas de nous donner des signes de sa venue dans l’aujourd’hui de nos vies. La liturgie le fait en paroles mais aussi par cette sorte de « trop plein du langage » que sont les symboles que nous utilisons. Nous avons béni le siège de la présidence. En nous rappelant qu’à travers cette parole-signe qu’est l’évêque, le prêtre ou le diacre qui, de là, président à la liturgie, à travers ces ministres ordonnés à cela, c’est toujours le Christ qui préside en ce lieu. C’est Lui qui nous rassemble, c’est Lui qui nous invite à la prière, c’est Lui qui nous conduit vers le Père. C’est déjà tout un mystère : quand nous décidons d’aller à l’eucharistie, en fait c’est déjà Lui qui nous appelle intérieurement, c’est Lui qui, par son Esprit, nous attire vers ce lieu. En ce sens notre cœur, est cette première porte du ciel que franchit le Seigneur : c’est par la porte de notre cœur qu’il vient au plus intime de nous-mêmes pour nous attirer vers la prière, vers la louange, vers l’action de grâce. Au seuil de l’eucharistie, le ministre qui préside nous accueille ici au nom d’un Autre, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ce Dieu qui nous ouvre les bras avec tout son amour et son pardon. Qui que nous soyons, où que nous en soyons, voici que le Christ nous a précédés en ce lieu pour se réjouir de notre présence et nous replonger dans les eaux pleines de fraîcheur de notre baptême. Nous avons ensuite béni cet ambon, puisque c’est par ce mot venu du grec qu’on désigne le lieu d’où la Parole de Dieu est proclamée et annoncée. Voilà encore une porte du ciel par où le Seigneur vient ! Le Concile Vatican II a fait tout un travail théologie de fond sur la Parole de Dieu. Il ne craint pas de dire qu’elle est aussi un lieu éminent de la présence du Christ Ressuscité au milieu de l’assemblée. C’est beau de savoir que dans des Eglises orthodoxes syriennes, dès les premiers siècles, à côté de la réserve du pain eucharistique, on posait toujours aussi un rouleau ou un livre contenant la Parole de Dieu. L’eucharistie nous invite à la fois à la table de la Parole de Dieu et à la Table du pain eucharistique. Et Origène disait déjà au IIIème siècle que si respectueusement on veillait à ne pas perdre une miette du pain eucharistique, ilétait tout aussi important de ne pas perdre une miette de la Parole du Seigneur ! L’eucharistie que dit que celui qui est plus puissant que c’est dans la Parole, lue, méditée, approfondie seul et ensemble que se prépare le chemin du Seigneur, que s’aplanit sa route pour que nous devenions nous aussi parole et prophète de sa Venue. Nous allons dans un instant consacrer ce nouvel autel. Il est beau, il parle de ceux et celles qui l’ont conçu, mesuré les proportions, façonné, il parle du travail et du génie des hommes. Dans un instant il va devenir lui aussi « porte du ciel ».Nous allons le marquer d’une succession de gestes et de paroles qui vont le charger symboliquement : il sera désormais lui aussi signe du Christ. Comme Jésus aux jours du Jourdain, il déjà été aspergé de l’eau du baptême. Cette table porte gravés cinq croix, signes des plaies du Christ qui s’est donné jusqu’au sang sur la croix pour nous dire l’excès de son amour et du don qu’il nous a fait de sa vie. Comme le Christ est le messie, celui qui a reçu la plénitude de l’onction du Saint-Esprit, nous allons oindre cet autel du Saint-Chrême. Puis nous allons l’illuminer et y faire brûler de l’encens : c’est d’ici que montera la prière de cette communauté où ce Carmel se joint au don du Christ Lui-même, ce que l’Ecriture appelle le sacrifice, cette offrande totale de soi que le Christ continue de faire et à Dieu et aux hommes et où il nous entraîne avec lui. Puis, on posera sur cet autel, la nappe du repas eucharistique : le Christ y devient nourriture pour notre vie si nous consentons à entrer en communion avec Lui. D’autres nous ont précédés dans cette communion au Seigneur, c’est pourquoi on commencera par placer au cœur de cet autel les reliques de plusieurs saints : des martyrs et des saints significatifs pour l’ordre du Carmel. Ces reliques sont un puissant témoignage : elles sont les signes de la fécondité de la croix et de la résurrection du Christ : tant d’hommes et de femmes qui à la suite du Seigneur ont consacré leur vie à Dieu jusqu’à l’extrême et ont été à travers différents temps de l’histoire des témoins parlant et féconds de l’Evangiles. Ils ont été eux aussi « portes du ciel » : des hommes et des femmes humbles, partageant nos faiblesses mais qui ont laissé faire un plus puissant qu’eux-mêmes dans leur vie de chaque jour. Ils nous disent à chacun, à chacune, au cœur de cette célébration si riche : si tu laisse le Christ présider à ton existence, si tu te nourris de sa Parole, si tu te nourris de tout ce que chaque eucharistie dit de sa Présence…alors toi aussi, à ta façon, même si tu te t’en sens pas digne, tu peux être « porte de ciel »… A travers toi, le Christ peut continuer de venir pour baptiser ce monde dans l’Esprit Saint, dans son souffle saint plus puissant que toute nuit et que toute mort.

+ Jean-Luc Hudsyn

 

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