Annoncer l’évangile pour un renouveau ecclésial

Jeudi 22 janvier dernier, évêques, prêtres, religieux et religieuses, animateurs pastoraux ont convergé vers Louvain-la-Neuve pour une journée pastorale. Au menu de cette rencontre, une réflexion sur le kérygme pour un renouveau ecclésial. Se référant à la bible et à diverses expériences pastorales, les intervenants du jour ont esquissé les grands traits de l’annonce de Jésus-Christ et son message, dans le monde d’aujourd’hui.

Dessiner l’avenir

Mgr. Laurent Ulrich, archevêque de Lille, premier intervenant, aborde le thème de la pastorale kérygmatique en énumérant quelques caractéristiques de notre société bouleversée par l’avènement du numérique. Ces caractéristiques ayant valeur de préalables, envisager une pastorale kérygmatique, c’est-à-dire une pastorale axée sur l’essentiel de la foi, c’est tenir compte du social, du culturel, de l’éducatif, dans leur complexité.
L’autre préalable d’une pastorale kérygmatique, a relevé le Vice-président de la Conférence des évêques de France, c’est la prise en compte de la culture médiatique. Dans cet univers où circulent plusieurs paroles, la Parole de Dieu doit se frayer son chemin. Inventer devient donc l’attitude majeure pour envisager les paroisses de demain et leur fonctionnement. A partir certes d’un discernement de ce que Dieu demande à son Eglise, mais aussi à partir d’un repérage des défis majeurs de notre temps : diminution des moyens humains et financiers, modification des configurations sociale et ethniques des communautés, articulation clercs-laïcs, parité homme-femme,…
Quoiqu’il en soit, pour Mgr. Ulrich, la pastorale kérygmatique invite à entrer dans la logique de « sortie ». « Sortir de son confort et rejoindre les périphéries » d’une Eglise inscrite dans un monde pluriel. Et là, l’Eglise d’aujourd’hui, tout en revenant à la Parole, se doit de réaliser la fragilité de sa propre parole. Une parole à coller à des expériences de vie. Une parole qui devrait davantage trouver sa place dans le monde des médias.

Revisiter la Parole et le quotidien

Un tour dans les Actes des Apôtres, voilà ce en quoi a consisté la conférence prononcée par Sœur Marie-Sophie d’Oultrement. Pas à pas, la bibliste aide l’assistance à percevoir les différentes formes de kérygme. Il en résulte que dans l’annonce de l’évangile, c’est Dieu lui-même qui est à l’initiative. Et qu’au milieu des situations diverses et variées, il y a un plan divin qui sollicite disponibilité, insertion dans le quotidien et audace.

Des pasteurs de terrains intervenus dans la deuxième partie de cette journée pastorale, ont illustré ce qu’est dire Jésus–Christ aux hommes et femmes de notre temps. L’expérience de Jan Claes, interpelle les participants venus de toute la Belgique et du Luxembourg. Curé à Cureghem, pendant 25 ans, ce prêtre raconte son engagement auprès des blessés de la vie, des refugiés, des musulmans,... Annoncer Jésus-Christ, consiste pour lui à se laisser bousculer même dans ses certitudes pastorales. Entendre le cri du pauvre, en sortant d’une pastorale de l’entretien pour innover, inviter à partager, et surtout « laisser résonner le premier, le « je t’aime » de Dieu, qui par sa proximité aimante et salvatrice, répond à une soif infinie chez l’homme ».

Christophe Rouard abonde dans le même type d’attention à l’autre, pour mettre en œuvre une pastorale kérygmatique. Vice-recteur des sanctuaires de Beauraing, le prêtre décrit comment les pèlerins sont parole de Dieu en acte. Leurs soifs, leurs expressions de la piété populaire, leurs témoignages, constituent, au quotidien, un lieu à partir duquel se forgent aussi les différentes propositions pastorales et spirituelles des lieux…Autant d’expériences, autant d’initiatives encourageantes qui se calquent sur le terrain.

C’est la tonalité aussi des paroles de conclusion prononcées par Mgr Jean-Luc Hudsyn. Pour l’évêque auxiliaire en charge du Brabant Wallon, une pastorale kérygmatique scrute le contexte, le croyable disponible, le fonctionnement culturel et la donne médiatique. La résistance faisant aussi partie de l’annonce, Mgr. Hudsyn souligne que les sacrements et les rites, le dialogue, la fécondité des « annonceurs » du kérygme, sont autant de points à soigner pour une proposition crédible de la foi aujourd’hui.

Alfred Malanda

Voir les photos de la journée

 

Eglise catholique de Belgique
Vicariat de Brabant wallon
chaussée de Bruxelles, 67
B-1300 Wavre
0032 (0)10 : 235 . 260

Secrétariat du vicariat
Eva Calatayud Saorin
0032 (0)10 / 235.273