À Nivelles, une messe chrismale fervente et joyeuse !

Ce mercredi 12 avril, la collégiale Sainte-Gertrude a vibré, chanté et prié !

Un cardinal, un nonce apostolique, un évêque auxiliaire, des centaines de prêtres et de diacres, étaient entourés par des centaines d’enfants, jeunes et toujours jeunes, pour célébrer l’Eucharistie dans une même ferveur !

Le cardinal Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, accompagné par le nonce apostolique, Mgr Kasujja, et par notre évêque, Mgr Jean-Luc Hudsyn, a béni le saint-chrême ainsi que l’huile des malades et l’huile des catéchumènes, un rite annuel qui permet à toutes les paroisses de disposer des saintes huiles pour les sacrements célébrés durant l’année qui suit.

Les prêtres et diacres présents ont été invités à renouveler leur engagement sacerdotal ou diaconal autour de leurs évêques.

Près de deux cents enfants suivant la catéchèse et confirmands, ainsi que des catéchumènes, étaient présents dans l’assemblée. Ils ont fleuri chaque prêtre et diacre à l’issue de la célébration, leur demandant de prier pour eux et promettant de le faire eux aussi.

Un temps fort de la vie liturgique dans notre Vicariat : Deo gratias !}}}

Voici le texte de l’homélie que notre archevêque, Mgr Jozef De Kesel, a prononcée.

Chers amis, chaque année, lorsque nous célébrons la messe chrismale, nous la vivons toujours comme quelque chose de très important. Nous avons tous et toutes notre vocation et notre responsabilité dans l’Église. Mais, ensemble, nous représentons toute la communauté ecclésiale de ce vicariat et de notre diocèse. Et c’est alors que, chaque année, sont bénies les huiles et qu’est consacré le saint chrême. Ce dernier surtout nous fait reprendre conscience que nous appartenons au Christ : en Lui, nous formons une seule communauté, une seule Église. Le nom du « saint chrême » vient du grec « chrisma » qui signifie l’huile d’une onction et « christos », « christ », en est dérivé, au sens de « celui qui a reçu l’onction ». Pour nous donc, Jésus n’est pas seulement ‘l’homme de Nazareth’. Nous le reconnaissons comme ‘le Christ’, ‘le Messie’, celui que la marque d’huile a confirmé dans une mission reçue de Dieu. Nous aussi, depuis que nous avons été baptisés et avons reçu l’onction, nous portons le même nom : marqués de l’onction, des « christs », des chrétiens. Dans l’Apocalypse, nous avons pu entendre que le Christ nous a tous rassemblés en un « royaume de prêtres ». Parce que nous Lui appartenons, parce que nous sommes baptisés et confirmés.

Quand il vient à Nazareth, il se rend à la synagogue et lit une prophétie d’Isaïe. Nous venons de l’entendre dans la première lecture : L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Comme Pierre le dit plus tard dans les Actes des Apôtres, Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance (Ac 10,38). Consacré et animé de l’Esprit de Dieu pour accomplir sa mission de Messie.

Cette prophétie d’Isaïe date d’après l’exil. La période confortable qu’avait connue le peuple est passée. Ils ont dû beaucoup abandonner : leur pays, le temple et tout ce qui leur donnait sécurité. Ils vivaient désormais à l’étranger, en diaspora. Et pourtant, il y avait de l’espérance. Quelqu’un viendra, le Consacré du Seigneur, pour annoncer la bonne nouvelle aux humbles, aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le retour à la vue, rendre la liberté aux opprimés, proclamer une année de bienfaits accordés par le Seigneur.

Annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. En effet, ils sont devenus pauvres. Par l’exil. Ils ne sont plus rien. Menacés dans leur existence même. L’avenir totalement incertain. Et juste à ce moment résonne un message d’espoir et de consolation. Plus même : c’est une bonne nouvelle. Il peut arriver que toutes les sécurités dans lesquelles nous nous imaginions si bien à l’abri, il se peut qu’elles nous échappent ! Mais c’est alors justement qu’il s’agit de faire confiance, non pas en nous-mêmes, en ce que nous avions ou pouvons encore garder, mais seulement en Celui qui est devenu notre seule sécurité. Les pauvres ne le sont pas seulement en moyens et influence, mais aussi en esprit. Ils n’ont plus de prétentions à leur propre sujet. Ce sont les « pauvres de Yahvé », dont les prophètes de l’exil ont parlé avec tant de tendresse. Comme nous le lisons chez Sophonie : Alors, je ne laisserai subsister en tes murs qu’un peuple humble et modeste, qui cherchera refuge dans le Nom du Seigneur (Soph 3,12). C’est dans cette spiritualité-là que Jésus s’est reconnu. Et quand Il a lu la prophétie d’Isaïe dans la synagogue de son village, Il a dit : C’est bien cela ! C’est ce que je suis ! Envoyé et consacré par l’onction dans la puissance de l’Esprit de Dieu pour apporter aux pauvres l’évangile.

Chers amis, c’est tellement beau et expressif de pouvoir chaque année entendre cette prophétie durant la messe chrismale, tant de la bouche d’Isaïe, que de la bouche de Jésus lui-même ! Dans quelques instants, la consécration du saint chrême va nous rappeler que nous sommes tous consacrés, que nous avons reçu l’onction. Que nous portons le nom de Christ et que nous participons à sa mission. Le pape François insiste : en tant qu’Église, nous ne pouvons pas nous préoccuper uniquement de nous-mêmes. Nous sommes consacrés et envoyés pour porter la Bonne Nouvelle. L’évangile est et reste notre joie et notre espérance. On nous enlève beaucoup. Nous sommes en exil. Nous sommes nous-mêmes devenus pauvres, pauvres en nombre, en moyens, en influence. Mais cette pauvreté n’est pas le début de la fin. Elle peut être fructueuse et pleine de promesses. À une condition : que nous devenions aussi pauvres en esprit. Car, nous dit Jésus, c’est à eux qu’est le Royaume de Dieu.

Nous sommes chrétiens, baptisés et consacrés. Que ce ne soit pas seulement des mots ! Soutenons-nous les uns les autres pour que ce soit vrai : entraidons-nous à vivre de l’évangile. Que pourrions-nous annoncer aux autres, que pourrions-nous signifier dans le monde en tant qu’Église, si nous ne vivions pas nous-mêmes de l’évangile ? Je le sais : il y a aujourd’hui beaucoup d’incertitude ou d’insécurité. Insécurité dans le vivre-ensemble. Insécurité pour l’avenir de la foi dans nos régions. Mais nous ne pouvons pas nous replier sur nous-mêmes. Notre pauvreté peut devenir notre force. Et notre force est et reste le Christ et son évangile. Source d’espérance et de joie, bonne nouvelle pour tous les hommes qui sont aujourd’hui en recherche de sens et d’espérance, en recherche d’une vie plus digne de l’homme. Et nourrissons dès lors ensemble l’espoir qu’il nous sera dit : c’est aussi pour vous que s’accomplit aujourd’hui la Parole de l’Écriture que vous venez d’entendre.

+ Jozef, Cardinal De Kesel

 

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